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Poème

La fonte hivernée est mon deuxième recueil de poésie, publié aux Éditions de la Tournure, coopérative de solidarité.
Les œuvres sont de Cil.
Lecture de Julien Fontaine-Binette.

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Poème

Si tu peux faire un poème
qu’un fermier trouve utile,
tu devrais être heureux.
Un forgeron tu peux ne jamais comprendre.
Le pire à satisfaire est un menuisier.

***

Poem

If you can make a poem
a farmer finds useful,
you should be happy.
A blacksmith you can never figure out.
The worst to please is a carpenter.

Olav H. Hauge
traduit du néo-norvégien à l’anglais par Robert Hedin, “The Dream We Carry”, 2008.

Cela faisait déjà un moment que je voulais retrouver ce poème de René Char. Oubliant le titre, son esprit m’accompagnait de son hymne. Courage peuple grec.

***

Hymne à voix basse

L’Hellade, c’est le rivage déployé d’une mer géniale d’où s’élancèrent à l’aurore le souffle de la connaissance et le magnétisme de l’intelligence, gonflant d’égale fertilité des pouvoirs qui semblèrent perpétuels; c’est, plus loin, une mappemonde d’étranges montagnes : une chaîne de volcans sourit à la magie des héros, à la tendresse serpentine des déesses, guide le vol nuptial de l’homme, libre enfin de se savoir et de périr oiseau; c’est la réponse à tout, même à l’usure de la naissance, même aux détours du labyrinthe. Mais ce sol massif fait du diamant de la lumière et de la neige, cette terre imputrescible sous les pieds de son peuple victorieux de la mort mais mortel par évidence de pureté, une raison étrangère tente de châtier sa perfection, croit couvrir le balbutiement de ses épis.

Ô Grèce, miroir et corps trois fois martyrs, t’imaginer c’est te rétablir. Tes guérisseurs sont dans ton peuple et ta santé est dans ton droit. Ton sang incalculable, je l’appelle, le seul vivant pour qui la liberté a cessé d’être maladive, qui me brise la bouche, lui du silence et moi du cri.

René Char, 1945, Le poème pulvérisé

Un vidéo réalisé par Les Éditions de la Tournure – Coop de solidarité pour présenter mon recueil Martelages. J’y lis le poème Abattis.

Je vous rappelle que le recueil est toujours disponible via PAYPAL sur le site de la Tournure et dans plusieurs librairies. Je possède aussi des exemplaires pour les intéressés.

DesoeuvreDésoeuvré

Rendre l’accessible à la fontaine
Sculptée de nos remous
Les valeurs trainées des pas
Dans la pénéplaine entaillée

J’estime à grandes eaux
Percer eaux-fortes
Le trait violacé
Sur la nuit vibratile

Je suis étroué de partout
Les coins brimés
En deçà les feuilles mortes

Au vent sur neige
Le son des montagnes
Me couper l’empreinte
Du chargement les grumes

Poème écorce écorche printemps

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